Directive EmpCo : Analyse pour les scores

Directive EmpCo & Éco-scores : Ce que l'harmonisation européenne change pour nos entreprises.

En matière d'affichage environnemental, le Far West touche à sa fin. La directive européenne (UE) 2024/825, dite EmpCo (Empowering Consumers for the Green Transition), pose un cadre pour lutter contre le greenwashing. Pour les professionnels, l'heure est à la mise en conformité. (En septembre 2026)

Si le texte encadre les labels et les allégations vertes, il vient également bousculer un outil de plus en plus plébiscité par les marques et les consommateurs : les scores de notation de produits.

Quels sont les véritables impacts pour nos entreprises ? Éléments de réponse à la lumière du décryptage de Sandro Gozi, député européen du groupe Renew Europe.



🛑 Non, les « scores » ne seront pas une échappatoire aux « labels »

Face au durcissement des règles sur les labels environnementaux traditionnels, certaines entreprises auraient pu être tentées de se tourner vers des systèmes de notation purement numériques (notes de A à E, scores sur 100, etc.) en espérant y trouver un cadre plus souple.

C’est un calcul risqué. L'eurodéputé Sandro Gozi est particulièrement clair sur ce point : la directive EmpCo traite les scores et les labels sur un strict pied d'égalité.

« La directive ne favorise pas les scores par rapport aux labels [...] Tout score de produit volontaire visant à distinguer ou à promouvoir un produit [...] est considéré comme un label de durabilité lorsqu’il est utilisé dans un contexte B2C. » — Sandro Gozi


Ce que cela signifie concrètement pour vos scores :

Si vous affichez une note ou un score environnemental / social sur vos packagings ou vos sites e-commerce, ce système doit impérativement répondre aux mêmes exigences drastiques qu'un label :

Faites une croix sur l'auto-déclaration : Impossible de créer son propre score "maison" basé sur des critères internes sans contrôle externe.

Certification obligatoire : Le score doit être adossé à un système de certification solide.

Vérification par un tiers indépendant : L'évaluation doit être menée par un organisme tiers compétent et indépendant du propriétaire du score, conformément aux normes reconnues (type ISO 17065).

Exception publique : Seuls les scores établis directement par une autorité publique échappent à cette obligation de certification privée, car ils bénéficient déjà d'une légitimité institutionnelle.

En clair, la Commission européenne a parfaitement anticipé le risque de distinction entre "score" ou "label". Pour la commission, les mêmes règles doivent s’appliquer afin que le consommateur “moyen” y accorde la même confiance, et la charge de la preuve incombe désormais fermement aux professionnels.

Remarque : la directive précise bien que la durabilité ne se limite pas aux questions environnementales, et couvre également les aspects sociaux.


🎯 Les autres points clés de la directive à retenir

Au-delà de la question cruciale des scores, l'interview de Sandro Gozi rappelle les grands piliers de ce texte qui vont redéfinir la communication commerciale :

Le cas des marques contenant les mots "Vert", "Nature" ou "Eco" : Elles ne sont pas interdites, mais elles sont désormais considérées comme des allégations explicites. Pour conserver leur nom sans risquer la sanction d'allégation générique trompeuse, elles devront soit préciser très clairement le bénéfice environnemental sur le même support, soit prouver des performances environnementales excellentes et reconnues.

La subjectivité du "Vert" visuel : Une couleur verte ou une image de feuille ne constitue pas une fraude automatique. C'est l'impact global sur le "consommateur moyen" qui sera évalué au cas par cas par les autorités nationales.

Une opportunité pour le "Made in EU" : Si la directive s'applique à tous les produits (importés ou non), elle offre un avantage compétitif aux Européens. Lorsqu'une réglementation stricte de l'UE s'applique à nos entreprises mais pas aux concurrents hors-UE, les marques européennes ont explicitement le droit de valoriser cette conformité comme un avantage concurrentiel.


🛠️ L'avis d’InterScores : anticiper plutôt que subir

La directive EmpCo ne cherche pas à brider la communication des entreprises engagées, mais à récompenser l'investissement réel dans la durabilité en triant les scores et labels aux promesses creuses ou manquant de rigueur.

Pour tous les secteurs, l'enjeu de la directive EmpCo est de taille, si vous utilisez ou prévoyez de déployer des systèmes de notation (scores) pour vos produits.

InterScores reste à votre disposition pour vous accompagner dans ce décryptage réglementaire et vous aider à transformer cette contrainte juridique en un levier de compétitivité sain et transparent.



Article adapté d'après l'interview de Sandro Gozi (Eurodéputé) par Pierre Kauffer.


Source : InterScores - Webinaire du 23 avril 2026



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