La charte des Scores :
Le fondement de la confiance et de la transparence
En France, la pratique de la notation RSE de l’approche produit est de plus en plus présente et matérialisée, notamment par des scores présentant des informations visuelles aisément compréhensibles en interne et pour le consommateur, fondées sur des codes coloriels et des échelles saillantes (par exemple couleurs de type feu tricolore, lettres, chiffres).
Cette Charte des Scores a vocation à initier un cadrage des pratiques des opérateurs de programme de scores, afin de renforcer leur crédibilité et leur conformité avec les pratiques de communications loyales (comme la réglementation européenne et française, la série des normes ISO 14020 et les guides de communication responsable) ou la meilleure adéquation possible avec les attentes des parties prenantes et avec les exigences des chaînes de valeurs.
Cette Charte des Scores est élaborée à l’initiative d’InterScores. Elle est évolutive et pourra être actualisée en fonction des connaissances et des usages. Elle couvre tous les champs possibles des thématiques de production et de consommation plus responsables (ODD 12).
Définition d’un score :
Un score est un outil gradué d’information et d’aide à la conception, basé sur une approche systémique et multicritères, indiquant la qualité environnementale et/ou sociale d’un produit.
Il permet la comparaison à différentes échelles (produits, offres, fournisseurs, usages) et dans divers contextes (internes ou externes, en BtoB et/ou BtoC).
Un score n’est ni un label (qui apporte une information binaire de type labellisé/non labellisé) ni une empreinte environnementale (basée sur de l’analyse de cycle de vie).
Un score peut intégrer des approches quantitatives et/ou qualitatives.
(InterScores, nov 2025)
Fournir une information objective et compréhensible afin d’éclairer l’acte d’achat en B2C et/ou B2B, et de répondre ainsi à un besoin de transparence,
Informer des différents degrés de qualité environnementale et/ou sociale des offres, en utilisant une méthode multicritères permettant de les comparer rapidement entre elles,
Encourager une consommation plus responsable en valorisant les produits soutenables,
Faciliter la pédagogie sur les enjeux environnementaux et/ou sociaux des différentes catégories d’offres,
Structurer et accompagner les démarches de conception, de socioconception, voire d’éco-socio-conception.
1. Les objectifs d’un score
2. Un système couvrant les enjeux sectoriels pertinents (« hotspots »)
Un score considère l'ensemble des enjeux systémiques pertinents des offres (produit, procédé, service, infrastructure, organisation).
InterScores reconnaît :
La place centrale de la pensée systémique dans la construction des méthodes de scores. Cette pensée systémique doit être basée sur des indicateurs de lignes directrices d’éco-socio-conception.
Les aspects scientifiques avérés doivent être pris en compte de façon holistique en amont de toute démarche de quantification.
L’importance relative entre les aspects sociaux et les considérations environnementales dans la méthode d’une notation doit être cohérente avec les objectifs annoncés du score.
3. Un système transparent, accessible et compréhensible
Un score doit avoir un document méthodologique accessible aux parties prenantes intégrant à minima les éléments suivants :
L’ensemble des critères pris en compte,
Leur base scientifique,
Le périmètre d’application,
La méthode de notation,
Les conditions d'attribution,
Les parties prenantes impliquées,
Les bonnes pratiques de communication pour les tiers et/ou règles d’usage.
InterScores reconnaît qu’un référentiel synthétique et compréhensible doit être accessible pour le grand public ; ceci représente le minimum de transparence d’un score. Il doit être disponible à minima sur un site internet.
Le résultat de la notation du produit (identité visuelle) doit être accompagné d’informations explicatives : soit sur le produit, soit sur une plateforme.
4. Une approche basée sur le service rendu comparable
Pour un score pertinent, l'aptitude à l'emploi et les performances d'usage doivent être considérées. Cela garantit que les produits ayant une bonne note ne sont pas moins efficaces, moins fonctionnels, de qualité inférieure, de taille réduite ou techniquement obsolètes.
InterScores reconnaît la nécessité de tenir compte des objectifs du score afin de définir son champ d’application, par catégorie de produits ou services présentant de fortes similarités fonctionnelles.
Le choix des parties prenantes impliquées dans la création d’un score doit être pertinent au regard de la famille de produits ou services concernée et des lignes directrices intégrées dans la méthode.
InterScores reconnaît qu'un score nécessite une concertation multi-acteurs, soit sur la chaine de valeur, soit en dehors. L'idéal est une initiative fédératrice de plusieurs acteurs d'un même secteur, avec un comité scientifique et des parties prenantes (clients, ONG…) constituant un véritable comité consultatif et indépendant. Une consultation régulière doit être intégrée tout au long de la vie du programme.
5. Implication des parties prenantes
La méthode de score doit respecter les exigences en termes de communication environnementale et sociale (état de l’art). Il est important que chaque score démontre sa valeur ajoutée, que ce soit en tant qu'outil d'éco-socio-conception ou en tant que vecteur d'information utile aux parties prenantes, ou les deux, en fonction du contexte.
InterScores propose que la construction des scores soit vérifiée par tierce partie conformément aux exigences nationales et européennes, et suive les lignes directrices du futur référentiel d’InterScores, constituant une proposition de cadrage des scores. Le périmètre de vérification doit être précisé.
InterScores propose que les résultats d’évaluation des produits restent sous la responsabilité du déclarant.
6. Une vérification par tierce partie
7. Un référentiel à l’horizon 2026
Cette Charte préfigure la création d’un référentiel permettant à chaque opérateur de programme :
De consolider son score (gouvernance, périmètre, données),
D’auto-évaluer son score (système qualité interne),
De disposer d’un cadre pour un accompagnement par une seconde partie indépendante,
De disposer d’un même cadre de vérification par une tierce partie telle qu’un Organisme Tiers Indépendant (OTI).
Pourquoi une Charte des Scores est essentielle : Nos constats
La création d'une Charte des Scores n'est pas un hasard, elle répond à des besoins précis et à plusieurs observations fondamentales dans le paysage actuel de la communication environnementale et sociale.
Une appétence croissante pour les scores
Les systèmes de notation connaissent un engouement grandissant. Les industriels les plébiscitent, et même l'État propose ses propres scores (voir notre étude des 100 scores). Leur capacité à simplifier la prise de décision est un atout majeur pour les consommateurs, qui les retrouvent régulièrement dans leur quotidien : de l'étiquette énergie de leurs appareils aux diagnostics DPE des maisons, sur leurs voitures, en passant par le Nutri-Score. Ils offrent une identification rapide et facilitent un choix éclairé.
Le contexte actuel : des attentes et des lacunes
Le déploiement d’un affichage environnemental universel, multi-sectoriel et obligatoire, sur la base de résultats d'ACV, promis depuis le Grenelle de l'environnement en 2008 se fait toujours attendre. Cela souligne un besoin d'élargir les revendications au-delà des mesures purement issues d’ACV, en intégrant des enjeux sociaux ou d'autres aspects pertinents.
Par ailleurs, nous constatons la nécessité de nuancer la vision binaire ("bon / pas bon") souvent proposée par les écolabels. Les scores, eux, permettent une approche méliorative et progressive : ils synthétisent les démarches de progrès sur une échelle de performance. Cette graduation encourage les consommateurs à choisir des produits plus responsables et incite les industriels à s'engager dans une amélioration continue, rendant chaque étape atteignable face à l'ampleur de la tâche.
Les défis de transparence et de cadrage
Actuellement, les méthodes de création et de notation des scores restent globalement opaques. Ce manque de transparence et de cadrage rend les instances publiques et les ONG sceptiques face aux scores. Il n'existe pas de norme ISO ou de référentiel reconnu pour bien construire un score, ce qui nuit à leur crédibilité.
Face aux contraintes à venir, notamment la directive "Green Claims" et la refonte des normes ISO 14020 et ISO 14021 (auto-déclaration), il est crucial d'anticiper. Ces nouvelles exigences pourraient menacer l'existence même de certains scores si un cadre clair n'est pas établi. Il est donc important de proposer un référentiel conforme aux attentes générales d'une communication environnementale produit, en accord avec la norme ISO 14020.
Malgré ces défis, des rapports d'institutions reconnues continuent de présenter la pratique des scores comme une solution d'affichage prometteuse. C'est dans ce contexte que la Charte des Scores prend tout son sens : elle offre une réponse à ces constats, en proposant une feuille de route pour bâtir des scores robustes, crédibles et reconnus.